A lunch break romance

Réalisation : Danny Sangra

Sur un banc public, deux amoureux potentiels ont pris pour habitude… de ne rien se dire.

Une rencontre tout en procrastination.

La plupart des romances se jouent dans l’action, le dialogue, le partage de regard. S’en suit alors du flirt, de la maladresse, des disputes, voir des quiproquos, mais dans tous les cas il se passe visuellement quelque chose. Ici, quelqu’un se trouvant sur le banc en face ne verrait rien de particulier.

La première touche pertinente de ce scénario est son aspect réel. Car avant de faire, on ne fait rien, et ce pendant un long moment durant lequel on se pose une grande quantité de questions. On élabore des hypothèses, on cogite. Ces deux jeunes gens cultivent la procrastination en espérant que l’autre fasse le premier pas.

L’effet Koulechov

Un autre élément important de ce court-métrage est l’utilisation détournée de l’effet Koulechov.

L’effet Koulechov est une expérience de montage, d’un réalisateur russe du même nom, consistant à dégager une émotion différente d’une même réaction selon le plan montré précédemment. Par exemple, en voyant un repas, puis une réaction neutre, cette personne donnera l’impression d’avoir faim. A l’inverse, en voyant un cadavre puis le même plan de la personne neutre, c’est une impression de dégoût qui s’en dégagera.

A lunch break romance joue avec ces impressions, mais en se servant des sous-titres. Cette histoire de drague aurait pu tout aussi bien devenir une bataille de territoire pour avoir le banc en changeant uniquement les sous-titres.

Cette expérience montre que les expressions minimalistes sont à la fois très réalistes et fortement adaptables.

Pour en savoir plus sur l'effet Koulechov, voici une vidéo explicative réalisée par Le Monde.

About The Author
-